1706 - 1802

Louis Delgrès


Louis Delgrès
  • Né à Saint-Pierre en Martinique

    Le 2 août 1766

  • Engagé dans l’armée

    en 1783
  • Sergent en 1791

    Adhère à la révolution

  • Capitaine au combat de Morne-Rouge

    le 7 février 1794

Bibliographie

Combat contre les Anglais en Guadeloupe, à Sainte-Lucie, à Saint-Vincent avec patriotisme courage et succès. Commandant le 1er octobre 1799 à Rouen où il tient garnison après sa captivité en Angleterre. Création du bataillon des Antilles.

Réaffecté en Guadeloupe où il sert la République avec bravoure, loyauté et sens du commandement.
Colennel responsable de la Place de Basse-Terre en 1801. Loyal à la République et à ses idéaux, il s’occupe en 1801 au rétablissement de l’esclavage par le Premier Consul.
« Vivre libre ou mourir », s’écrit-t-til.
Face à ce crime et au corps expéditionnaire de Bonaparte, il réunit le 9 mai 1802 toutes les troupes au Champ d’Arbaud et leur fait part de sa décision de résister jusqu’à la mort.
Le 10 mai 1802 : publication sur les murs de Basse-Terre de sa proclamation historique monument d’humanisme, de fidélité, de compassion et de courage.

« A l'univers entier, le dernier cri de l’innocence et du désespoir »

Louis Delgrès

Du 11 au 18 mai 1802 : lutte sans merci victorieuse contre le corps expéditionnaire commandé par Richepance. Faits d’armes de la rivière des Pères, du Fort St Charles. 19 mai 1802 contre-attaque de Pélage et du corps expéditionnaire contre le Fort St-Charles avec des moyens considérables.
21 mai 1802, pour éviter un massacre fratricide, Louis DELGRES quitte avec sa troupe le Fort St Charles en évitant toute destruction et après avoir libéré tous les prisonniers.
Il prend position au Matouba où il résiste avec héroïsme avec ses 400 compagnons dans un combat épique contre plusieurs milliers d’adversaires.
Il libère des planteurs prisonniers.
28 mai 1802, dans l’habitation d’Anglemont qu’il a fait miner, sa troupe et ses adversaires sont décimés par l’explosion.
Il meurt en héros au cri de « Vive la liberté » repris par les siens.
Lui fut une Ame dont la loyauté n’allait pas sans l’Amour et le courage, sans la justice et la compassion universelle.
Gloire éternelle à ce Martiniquais mort en Guadeloupe pour la liberté de ses frères, lui l’honneur de la République et des Droits de l’Homme, le Chevalier de la Justice – une Conscience et un Héros.
Louis Delgrès

Le monument dédié à Louis DELGRÈS à l'intérieur du Fort de Basse Terre, qui porte son nom.


Proclamation Louis DELGRES du 10 mai 1802

C’est dans les plus beaux jours d’un siècle à jamais célèbre par le triomphe des lumières et de la philosophie, qu’une classe d’infortunés qu’on veut anéantir se soit obligée d’élever sa voix vers la postérité, pour lui faire connaître, lorsqu’elle aura disparu, son innocence et ses malheurs.
Victime de quelques individus altérés de sang, qui ont osé tromper le Gouvernement français, une foule de citoyens, toujours fidèle à la patrie, se voit enveloppée dans une proscription méditée par l’auteur de tous ses maux.
Le général Richepance, dont nous ne connaissons pas l’étendue des pouvoirs, puisqu’il ne s’annonce que comme général d’armée, ne nous a encore fait connaître son arrivée que par une proclamation, dont les expressions sont si bien mesurées que lors même qu’il promet protection, il pourrait nous donner la mort, sans s’écarter des termes dont il se sert.
A ce style, nous avons reconnu l’influence du contre-amiral Lacrosse, qui nous a juré une haine éternelle... Oui, nous aimons à croire que le général Richepance, lui aussi, a été trompé par cet homme perfide, qui sait employer également les poignards et la calomnie.
Quels sont les coups d’autorité dont on nous menace ? Veut-on diriger contre nous les baïonnettes de ces braves militaires, dont nous aimions à calculer le moment de l’arrivée, et qui naguère ne les dirigeaient que contre les ennemis de la République ? Ah ! Plutôt, si nous en croyons les coups d’autorité déjà frappés au Port de la Liberté, le système d’une mort lente dans les cachots continue à être suivi. Eh bien ! Nous choisissons de mourir plus promptement.
Osons le dire, les maximes de la tyrannie la plus atroce sont surpassées aujourd’hui. Nos anciens tyrans permettaient à un maître d’affranchir son esclave, et tout nous annonce que, dans le siècle de la philosophie, il existe des hommes, malheureusement trop puissants par leur éloignement de l’autorité dont ils émanent, qui ne veulent voir d’hommes noirs ou tirant leur origine de cette couleur, que dans les fers de l’esclavage.
Et vous, Premier Consul de la République, vous guerrier philosophe de qui nous attendions la justice qui nous était due, pourquoi faut-il que nous ayons à déplorer notre éloignement du foyer d’o^partent les conceptions sublimes que vous nous avez si souvent fait admirer ! Ah ! sans doute un jour vous connaîtrez notre innocence ; mais il ne sera plus temps, et des pervers auront déjà profité des calomnies qu’ils ont prodiguées contre nous pour consommer notre ruine.
Citoyens de la Guadeloupe, vous dont la différence de l’épiderme est un titre suffisant pour ne point craindre les vengeances dont on nous menace, à moins qu’on ne veuille vous faire un crime de n’avoir pas dirigé vos armes contre nous, vous avez entendu les motifs qui non excité notre indignation. La résistance à l’oppression est un droit naturel. La divinité même ne peut être offensée que nous défendions notre cause ; elle est celle de la justice et de l’humanité : nous ne la souillerons pas par l’ombre même du crime. Oui, nous sommes résolus à nous tenir sur une juste défensive ; mais nous ne deviendrons jamais les agresseurs. Pour vous, restez dans vos foyers ; ne craignez rien de notre part. Nous vous jurons solennellement de respecter vos femmes, vos enfants, vos propriétés, et d’employer tous nos moyens à les faire respecter par tous.
Et toi, postérité ! accorde une larme à nos malheurs et nous mourrons satisfaits.