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Journée nationale des mémoires de le Traite de l'esclavage et de son abolition

 

 

 

Le 10 MAI est, depuis 2006, la date officielle de la "journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leur abolition". Impulsée dès l’origine,  par les associations nées de cette histoire et soutenue par la Ville de Nantes, cette commémoration annuelle, partie intégrante du  patrimoine local, s’est matérialisée par des manifestations qui ont souvent rassemblé les Nantais de souche et d’adoption soucieux d’honorer par le  recueillement et la communion la mémoire des hommes, des femmes et des enfants victimes, pendant  plusieurs   siècles, du drame de l’asservissement au profit d’une minorité avide de pouvoir et de richesse.

L’organisation de la Commémoration 2017, a offert au public à la fois une manifestation officielle mais aussi un temps fort  associatif dans une combinaison harmonieuse et  complémentaire : les associations ont appelé le public  à une marche « vers la liberté »  qui  a déambulé depuis le Square J.B. Daviais vers la Rue  Kervegan puis vers la place de la   Médiathèque Jacques Demy.    

Ensuite, le rassemblement s’est fait aux abords de la passerelle Schœlcher, avant de rejoindre la cérémonie officielle. Cette marche a été ponctuée de temps musicaux ( Gwa-kan-ka, bambou kreyol ) et historique avec l’intervention de Jean Breteau Historien et la participation des Anneaux de la Mémoire.

Après le jet de fleurs, c’est tous ensemble que nous nous sommes dirigés vers la Tribune Officielle. La Commémoration a débuté par une lecture de textes lu par des enfants et adolescents avant le discours de Madame le Maire et de Gerty Dambury, invité officiele de l’année 2017.

C’est par la convergence de nos énergies, la volonté  commune de promouvoir un projet fédérateur et l’objectif de réunir, au-delà des clivages et des divergences, toutes  celles et tous ceux qui souhaitent se souvenir que nous    voulons marquer, par cet engagement, combien il nous importe d’aider à construire un avenir de tolérance, de solidarité et d’ouverture en commémorant ensemble ce passé  douloureux.

Plus que jamais, par nos actions, nous veillons collectivement, au respect des droits de tout homme.

 

 

 

Il y a cinq ans jour pour jour, le 25 mars 2012, nous inaugurions le Mémorial de l’Abolition de l’Esclavage. Premier et, à l’époque, du genre en Europe, ce lieu mémoriel nous permettait d’affronter avec courage, intelligence et détermination une des pages les plus douloureuses du patrimoine historique nantais.

Fruit de la lutte entamée par bon nombre de Nantais d’origine africaine antillaise mais aussi Nantais de souche, ce projet voulait unir et éviter l‘éclatement, cette démarche se donnait pour mission de clarifier l’articulation entre histoire et mémoire et, ainsi, nous éviter de rester prisonniers du passé. Le devoir de mémoire méritait qu’un légitime travail s’engage afin que la société ne reste pas « en colère d’elle-même ».

Ce que nous visions alors était la création d’une représentation évocatrice d’un passé douloureux, de symboles de la lutte de ceux qui en ont été les victimes ; nous appelions de nos vœux la mise en place de sources de connaissance, d’éducation et mais aussi de la concrétisation de la volonté de témoigner de notre désir ardent de relier passé, présent et avenir.

Alors que dès 1986, Mémoire de l’Outre Mer réunissait ses adhérents et sympathisants à quelques encablures de ce lieu, sur les quais de la Fosse, à la fin avril pour une cérémonie annuelle et un jet de fleurs dans la Loire, à la mémoire des Esclaves et pour commémorer l’Abolition de l’Esclavage, il fut décidé, par le collectif du 150° anniversaire de l’Abolition de l’Esclavage, de faire du 24 avril 1998, un moment intense. Sur le lieu habituel de célébration, l’association fit ériger puis dévoila une statue qui figurait une esclave décharnée mais libre de ses chaînes qu’elle brandissait au ciel.

Cette œuvre qui se voulait à la fois provocatrice vis-à-vis d’une réelle frilosité de la part des autorités municipales, visait aussi à faire la preuve de la détermination des acteurs associatifs pour que la Ville s’engage réellement sur la réalisation d’un véritable lieu mémoriel.

A peine  huit jours plus tard, le 1er mai 1998, la statue était hélas profanée, créant un fort émoi dans la communauté afro-antillaise nantaise mais aussi bien au-delà.

Révoltés les membres du Collectif du 150°, forts de l’appui d’une large population choquée par cet acte abject, obtiendront cette fois l’engagement de la Municipalité pour  adopter définitivement le principe de l’édification d’un monument. La statue de Liza Marcault-Derouard a été transférée et est dorénavant visible au musée du Château du Ducs de Bretagne.

1998/2012, ces quatorze années entre la décision municipale et l’inauguration dont nous fêtons aujourd’hui les cinq ans, sera un période jalonnée de difficultés multiples. Les réunions autour du projet, dont la première ne s’est tenue qu’en 2000, furent souvent tendues, ardues, voire houleuses.

La loi TAUBIRA du 21 mai 2001 qui institua la traite négrière atlantique et l’esclavage crime contre l’humanité plaçant ainsi la nation française en tête de ligne et premier pays au monde à « …célébrer l’entrée des descendants d’esclaves dans la communauté nationale... », puis l’instauration, en 2006, par le président CHIRAC, du 10 mai comme journée nationale de commémoration de l’abolition de l’esclavage servirent de stimulant à la détermination des acteurs pour la reconnaissance de cette identité noire spécifique et l’édification du Mémorial.

Années après années, de difficultés résolues en attaques vaincues, d’obstacles techniques levés en financement problématique assumé grâce aux investissements municipaux, métropolitains et européens, le Mémorial est sorti de terre et du fleuve pour devenir un lieu cher à la conscience collective nantaise. Tous les jours, il est visité par les habitants dont nombreux sont ceux qui tiennent à le présenter à leur famille et amis de passage à Nantes. Parce que les Nantais ont investi ce Mémorial, ils lui ont donné une renommée aujourd’hui internationale.

Il ne se passe pas une semaine sans que plusieurs groupes scolaires n’investissent les lieux pour la théorie soit illustrée par une pédagogie active sur site.

Nul ne vient dorénavant dans la région, sans demander à visiter cet espace mémoriel conçu pour témoigner du passé, pour éduquer au présent et pour prévenir les générations futures que le drame de l’asservissement humain dévaste tout.

Chers Amis, ce jour de célébration ne doit pas nous faire oublier, pour autant, que notre vigilance est indispensable. N’oublions pas que majorité ne signifie pas unanimité. Ainsi souvenez-vous du réveil douloureux que nous avons connu un certain dimanche 18 janvier 2015, retrouvant le Mémorial dégradé et couvert d’inscription à caractère raciste. Regardez à vos pieds les quelques plaques portant le nom des navires négriers brisées par des volontés lâches et rétrogrades de salir la haute valeur de ce lieu. Une des grandes parois vitrées, dans la déambulation inférieure du Mémorial, a été la cible de projectiles. Alors, NON nous ne devons pas relâcher notre engagement, NON il n’est pas l’heure de céder à l’angélisme de croire que tout est acquis, NON nous n’accepterons pas le recul indécent que représenterait la dégradation du Mémorial sans notre ferme et absolue résistance.

L'après-midi a été animée par le groupe Amazin'Gospel. 

Mots clés: Nantes